La prépondérance des emballages dans l’époque moderne qui est la nôtre est indéniable. De l’industrie alimentaire aux produits cosmétiques, en passant par le prêt-à-porter, ils sont résolument partout. À cela s’ajoute l’essor du commerce en ligne ou e-commerce, connu réputé pour être gourmand en emballage.

Quels sont alors les enjeux d’un point de vue environnemental ? Sont-ils conciliables avec l’un des objectifs majeurs de nos jours, soit l’esprit « zéro déchet » ? C’est ce que nous allons voir à travers l’exemple de l’emballage alimentaire écologique.

Emballages alimentaires écologiques

Mais au fait, pourquoi cet exemple plutôt qu’un autre ? C’est tout simplement parce que nous êtres humains pouvons (théoriquement) nous passer de tout sauf de l’alimentation. La question des emballages alimentaires conciliables avec l’environnement s’impose donc comme une priorité. Voyons comment cette question a évolué au fil du temps.

Évolution historique des emballages alimentaires

On peut facilement parier qu’au début, personne ne se préoccupait réellement de l’aspect écologique. Il s’agissait plutôt de trouver des méthodes de conditionnement pratiques et si possible peu chers pour divers types d’aliments. Pendant bien longtemps. l’impact environnemental de bon nombre d’initiatives a été le cadet des soucis de l’humanité. Un grand contraste avec la prise de conscience (tardive) et les efforts des sociétés actuelles.

L’histoire des emballages remonte à très, très loin. En effet, nos ancêtres préhistoriques utilisaient déjà divers récipients pour préserver et transporter leurs aliments et boissons. Les gourdes fabriquées à partir de peaux d’animaux et les calebasses en sont des exemples prototypiques. Plus tard, les Grecs et les Romains (réputés pour être à la fois de grands voyageurs et commerçants) utilisaient des matériaux variés comme les tonneaux en bois pour le vin.

Ces tendances ont continué tout au long des siècles et évolué parallèlement à l’essor des échanges internationaux. Pour ne citer qu’un exemple pas des plus glorieux, le colonialisme s’est accompagné d’une augmentation de la nécessité de transporter des marchandises d’un coin du monde à un autre. Le tournant a cependant lieu en Chine au XVIème siècle, avec l’invention de la première boite en carton. Une idée qui sera largement exploitée et popularisée avec la révolution industrielle qui démarre en Europe au XIXème siècle. Les fameux Tetra Pak de l’entreprise suédo-suisse en sont un exemple.

Les années 1920 voient l’apparition de la première machine de moulage par injection de plastique. Les décennies 1950 et 1960 popularisent l’utilisation des matériaux d’emballage tels que le propylène et le polyéthylène, de même que celle de la canette en aluminium à couvercle rabattable.

Les dernières innovations en emballage alimentaire écologique

Oui mais alors, qu’en est-il des emballages alimentaires écolo évoqués en début d’article ? Car le vrai défi actuel est de contrer les conséquences néfastes des emballages industriels. En effet, dans un contexte marqué par le réchauffement climatique et l’accumulation des déchets, il s’agit de trouver des alternatives plus « vertes ».

Matériaux révolutionnaires et durables

Quelles seraient donc ces alternatives aux emballages plastiques alimentaires ? Peut-on vraiment espérer remplacer ces derniers par des matériaux moins polluants ?

Il semblerait que oui. Bien évidemment, l’option la plus connue et déjà utilisée de longue date est le verre. Il a tout d’abord l’avantage d’être sain pour la préservation de bon nombre d’aliments et de boissons. De plus, il est recyclable, tout comme le sont certains types de métaux, papiers et plastiques.

Un exemple plus récent est l’amidon de maïs qui convient parfaitement aux emballages alimentaires destinés aux métiers de bouche. Biodégradable et léger, ce matériau est particulièment pratique pour, entre autres, les plats à emporter.

Une autre base pour obtenir un emballage alimentaire écologique est la canne à sucre. Elle permet de fabriquer un bioplastique appelé polyéthylène végétal qui est non toxique et biodégradable.

N’oublions pas le papier kraft, le bambou ou encore le lin. Plus innovants encore : les emballages à base de cire d’abeille et de champignon. Autant de matériaux utilisables dans la conception de sacs, barquettes, couverts, films étirables et récipients divers. Bref, des solutions durables et éco-responsables obtenues à partir de ressources qu’on n’aurait pas forcément pensé à exploiter auparavant.

Technologies d’emballage avancées

L’un des problèmes les plus typiques est la question de la quantité. C’est le cas notamment pour les start-ups ainsi que les petites et moyennes entreprises qui cherchent souvent à éviter la surproduction et les coûts superflus. De nos jours, l’impression numérique, l’impression thermique ou encore l’impression 3D (tridimensionnelle ou additive) sont en mesure de résoudre ce problème. Elles permettent de produire des petites quantités d’emballages alimentaires personnalisés, mais aussi écologiques.

La qualité de l’emballage est d’autant plus cruciale lorsqu’il s’agit de conditionner des produits alimentaires. C’est là que les emballages intelligents dotés de capteurs s’avèrent très utiles. Ils servent à donner des indications sur l’état du produit et notamment sur sa température et sa fraîcheur.

Citons également les étiquettes interactives. Pour ceux qui veulent être sûrs qu’ils ont affaire à un emballage alimentaire écologique, ces étiquettes sont capables de fournir l’information nécessaire. En effet, elles utilisent diverses technologies telles que les codes QR (quick response), la communication en champ proche (NFC – near-field communication) ou la réalité augmentée. Celles-ci vous permettent d’explorer le produit (et donc ses composantes) de façon plus approfondie.

Impact environnemental des emballages alimentaires

Alors pourquoi tant d’insistance sur l’aspect écologique ? C’est ce que nous allons tenter de comprendre dans les sections suivantes.

Comparaison avec les emballages traditionnels

Les emballages alimentaires jetables traditionnels présentent un grand nombre de désavantages. Prenons l’exemple du plastique souple (PVC ou autre). Sa fabrication s’accompagne de quantités très élevées de dioxyde de carbone (CO2), soit le gaz à effet de serre le plus connu et le plus redouté (au-dessus d’un certain seuil). Le seul moyen de s’en débarrasser est l’incinération, ce qui ne fait qu’accroître le problème. Un autre cas similaire est celui de l’aluminium, dont la production est bien connue pour être responsable de l’émission de perfluorocarbures. Autrement dit, un autre type de gaz à effet de serre.

Les matériaux dits traditionnels ont également un effet néfaste sur la biodiversité. Lorsqu’ils sont jetés en pleine nature, ils sont à la fois polluants et toxiques. Par ailleurs, ils constituent un danger pour le règne animal (risques d’étranglement, étouffement, empoisonnement, etc.).

À cela s’ajoutent l’impact problématique sur la santé humaine. Des composantes telles que les phtalates et le bisphénol A continuent d’inquiéter, du moins certains pays, car elles sont suspectées d’être des perturbateurs endocriniens.

En somme, la comparaison la plus simple à faire ici est de comprendre que les emballages alimentaires écologiques ne présentent pas tous ces dangers. C’est du moins le cas pour ceux qui sont vraiment écologiques et donc produits de manière consciencieuse.

Avantages écologiques des nouveaux matériaux

Quand on opte pour des matériaux suffisamment solides pour être réutilisables au lieu de jetables, on produit moins de déchets. Il est également question de préserver les ressources. Moins de consommation veut dire moins de production, et donc une économie en eau et énergie (entre autres). De plus, les matériaux d’emballage alimentaire écologique sont biodégradables et/ou compostables (soit ceux qui se transforment en nutriments pour le sol).

Défis et solutions dans le développement des emballages écologiques

Tout emballage écologique alimentaire est synonyme à la fois de difficultés et de promesses. En effet, la mise en œuvre de pratiques écoresponsables ne va pas toujours de soi. Heureusement, il existe un certain nombre de solutions fiables.

Barrières techniques et économiques

Le problème est avant tout d’orde éducatif. Durant les premiers mois de la pandémie de Covid-19, on a cru que les mentalités allaient enfin changer. Force est de constater que cela n’a pas été le cas. Pire, de nouveaux types de déchets (masques, gants, lingettes, etc.) ont fait une apparition de masse aux quatre coins du monde. Plus généralement parlant, il serait irréaliste de croire en une prise de conscience planétaire concernant les questions environnementales. Aujourd’hui encore, un grand nombre de personnes et de communautés ignorent (ou choisissent d’ignorer) ce qui est en jeu. Sans parler de certains pays qui, à l’heure actuelle, n’ont absolument pas les moyens de changer leurs modes de production et de consommation.

En parlant de moyens, le processus de fabrication de produits écologiques peut souvent s’avérer plus coûteux. Tout d’abord, c’est parce que les matières premières naturelles et bio sont peu ou pas transformées/diluées. De plus, leur production ne fait pas recours aux engrais chimiques, ce qui fait qu’il y a moins de récoltes et de rendement. Un constat d’autant plus valable pour l’emballage alimentaire écologique souvent issu de l’agriculture.

Les règles de ce qu’on appelle la production durable sont également assez strictes et compliquées. Il s’agit de produire mieux avec un minimum de gaspillage. Cela passe par le recyclage, l’utilisation d’énergies renouvelables ou encore la réduction des déchets au moment même de la production. Soit tout un nombre d’efforts supplémentaires.

N’oublions pas non plus l’aspect lié à la main-d’œuvre. Les industries écologiques s’engagent généralement à offrir de meilleures conditions de travail. Un bonus au niveau humain, certes, mais pas des plus économiques pour les entreprises et les employeurs.

Approches innovantes pour surmonter les obstacles

D’un autre côté, la réduction de déchets emballages alimentaires grâce à des méthodes respectueuses de l’environnement n’est pas un objectif utopique. Il faut en effet savoir que la majoration des prix est souvent due à des facteurs « accessoires » qu’il est tout à fait possible d’éliminer. Parmi ceux-ci, les prix délibérément élevés que fixent certaines entreprises afin de dorer leur image de marque. Il existe pourtant des sociétés qui prouvent qu’il est possible d’être à la fois écolo et économiquement raisonnable.

L’esprit « innovation emballages alimentaires » repose désormais sur la diversification des matériaux utilisés, ce qui est un avantage majeur. Nous en avions évoqué quelques-uns dans les sections précédentes. Le summum de l’emballage alimentaire écologique révolutionnaire est sans doute l’emballage comestible. Des packagings produits à partir d’algues, de pommes de terre ou encore de chocolat gagnent en popularité de jour en jour. Il existe même une marque polonaise qui fabrique de la vaisselle comestible avec du blé. Idées créatives et écoresponsables, certes, et pas forcément onéreuses.

Une grande partie de la solution repose également sur une réorganisation de la chaîne d’approvisionnement. Il ne suffit pas de rester à l’écoute des consommateurs qui réclament des produits écologiques. Il s’agit également de bien communiquer avec les différents intermédiaires impliqués dans la totalité du processus (de la production à l’acheminement). Si certains d’entre eux appliquent des politiques qui ont pour effet d’augmenter le coût final, il faudra trouver un terrain d’entente ou encore ajuster le reste de la chaîne en conséquence.

Donc au final, oui, il est tout à fait possible d’obtenir un emballage alimentaire écologique pas cher en employant de bonnes stratégies.

Réglementations et normes pour les emballages alimentaires écologiques

Qu’en est-il de l’aspect juridique ? Dans quelle sorte de cadre légal sont gérés les produits en question ? Voyons cela de plus près.

Cadre législatif actuel

Prenons l’exemple de la France. La loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC), votée le 30 janvier 2020, montre qu’elle est soucieuse des ressources naturelles et du climat sur bien des plans. On lui doit notamment le fait que depuis le 1er janvier 2023, les enseignes de restauration rapide doivent adopter de la vaisselle réutilisable pour les repas servis sur place. Cette loi a également mis fin à l’élimination des invendus non alimentaires, entre autres mesures. Le but est d’encourager le recyclage, tout comme les dons aux zones précaires. Autant de bons exemples donnés au reste du monde.

La directive européenne SUP (Single Use Plastics), votée le 21 mai 2019 et en vigueur depuis le 3 juillet 2021 ne ménage pas non plus ses efforts. Afin d’encourager une généralisation de l’emballage alimentaire écologique, cette directive interdit les produits en plastique à usage unique (couverts, pailles, etc.). Pour les emballages alimentaires jetables contenant du plastique d’une façon ou d’une autre, elle rend le marquage obligatoire. En outre, elle a publié plusieurs plans d’action qui fixent des délais et objectifs précis concernant la collecte et le recyclage des bouteilles en plastique.

De l’autre côté de l’Atlantique, les autorités semblent également déterminées à changer les choses. Les exemples de mesure sont nombreux, comme la California Safer Food Packaging and Cookware Act de 2021 qui lutte essentiellement contre le présence de perfluoroalkoxy (Teflon-PFA) dans les emballages alimentaires.

Influence des normes sur l’innovation

Les normes écologiques sont celles qui nous intéressent plus particulièrement ici. Elles permettent d’évaluer l’impact des produits et de leurs emballages sur l’environnement. Cette évaluation comprend toutes les phases, de la fabrication à la consommation. Les renseignements qui en sont tirés permettent de guider les entreprises et leurs consommateurs vers des solutions durables. Donc tandis que les premières ajustent leurs activités en conséquence, les seconds font des choix éclairés concernant leurs achats.

Les normes en question permettent entre autres de déterminer les méthodes et matériaux susceptibles de réduire l’empreinte carbone (mesure des émissions de gaz à effet de serre). Les entreprises qui parviennent à s’y conformer reçoivent des certifications (par exemple, Cradle to Cradle) et labels (par exemple, Zero Waste Packaging) qui les encouragent à continuer sur leur lancée. On peut donc facilement prévoir qu’une entreprise dont les efforts en matière d’écologie sont officiellement reconnus sera motivée pour innover et aller plus loin.

L’avenir des emballages alimentaires écologiques

L’emballage alimentaire écologique va-t-il dominer les marchés mondiaux de demain ? Quelles prévisions peut-on faire en fonction des données actuelles ?

Tendances émergentes

Nous avions déjà évoqué les emballages comestibles. Non seulement ils sont probablement imbattables en terme de responsabilité environnementale, ils ont également le mérite d’enrichir l’expérience utilisateur. En effet, les attentes des consommateurs sont encore et toujours un critère de taille. Il s’agit de leur offrir des produits à la fois écologiques et agréables à utiliser.

Citons par ailleurs et une fois de plus le bambou, la canne à sucre et le papier kraft qui s’imposent comme les matériaux « verts » et polyvalents de nos jours. Un bon nombre de sociétés rivalisent en créativité et imagination pour les rendre attrayant aux yeux du public.

Prévisions et perspectives d’avenir

On a beau être encore bien loin d’un tableau idéal, il est tout de même possible de parler d’une certaine prise de conscience. Les emballages alimentaires de demain vont certainement continuer d’exploiter les matériaux « verts » comme le champignon et la cellulose biodégradable. Ils seront également de plus en plus connectés et interactifs afin d’offir un maximum de transparence aux consommateurs (via les QR codes, les puces NFC, etc.).

Conclusion

L’emballage alimentaire professionnel écologique reste au centre des débats pour bon nombre de gouvernements aux quatre coins du monde. Avec les mesures et données actuelles en main, il s’agit désormais d’explorer plus en profondeur les ressources abondantes et viables. La plupart des unités de recherche et développement (R&D) semblent avoir pris cette direction. L’émergence et/ou la consolidation de nouvelles technologies telles que l’intelligence artificielle (IA) continuera sans doute de jouer un rôle essentiel dans l’améliorations des pratiques liées à l’emballage alimentaire écologique.

Quel est l’emballage le plus écologique ?

On peut dire qu’il y en a plusieurs. Le verre reste un grand classique mais n’oublions pas les plastiques végétaux composés d’amidon de maïs ou de canne à sucre. Au final, la réponse va dépendre des méthodes de production, des composantes exactes et du potentiel de recyclabilité/biodégradabilité.

L’emballage alimentaire écologique est-il compatible avec le système de consigne ?

Oui, absolument. Le principe de la consigne est basé essentiellement sur les récipients réutilisables. C’est donc une excellente idée de combiner les deux.

Que deviennent les emballages recyclés ?

La réponse se trouve dans la question même. Les déchets sont d’abord collectés, triés et dépollués. Ils entament ensuite un nouveau « cycle de vie ». Autrement dit, ils sont réutilisés dans la fabrication de nouveaux matériaux et produits.