Le métier de transitaire joue un rôle pivot dans les échanges internationaux à bien des égards. Il occupe une position d’intermédiaire central aussi bien pour les importations que les exportations. Cet article va nous permettre de mieux comprendre ses fonctions.

Introduction au métier de transitaire

De quoi s’occupe un transitaire au juste ? Nous allons tenter dans un premier temps de définir cette profession et de voir comment elle a évolué depuis son apparition.

Qu’est-ce qu’un transitaire ? Définition et aperçu général

Les personnes exerçant ce métier sont également connues sous le nom d’agent transitaire ou encore de freight forwarding agent (en anglais). Organiser le transport des marchandises dans le cadre du commerce national et international est en effet l’une de leurs fonctions principales. Ces agents sont chargés de sélectionner le mode de transport le plus adapté (routier, aérien, ferroviaire ou autre) au projet qui leur est confié. Ils doivent ensuite négocier avec les transporteurs retenus afin de garantir un bon déroulement de l’acheminement, et ce, au prix le plus avantageux. Selon le cas, ils sont également responsables des formalités administratives. Autrement dit, ce sont souvent eux qui sont tenus de préparer les documents relatifs à l’expédition, à la douane, etc.

L’évolution du rôle du transitaire dans l’histoire du commerce

Les premiers transitaires sont probablement apparus à l’époque où la Route de la soie vivait son apogée (IIIème siècle av. J.-C. – XVème siècle apr. J.-C.). En effet, le massif trafic accueilli par ce réseau légendaire rendait nécessaire l’intervention de médiateurs. Les marchands n’étaient pas toujours nécessairement bien au courant des moyens de faire circuler leurs biens sans problème. Il leur fallait donc une assistance.

Ceci dit, la forme « moderne » du métier de transitaire apparait au XIXème siècle. Thomas Meadows & Company Limited, basé à Londres, en est considéré comme le premier exemple officiel. Rien d’étonnant dans un pays symbole de la révolution industrielle où apparut le premier chemin de fer au sens plein du terme. C’est aussi une époque de modernisation pour le transport maritime.

Les premiers agents transitaires londoniens débutent dans le secteur touristique. Ils se chargent du transfert des effets personnels des clients d’hôtels. Puis, le métier se répand progressivement à travers l’Europe et l’Amérique du Nord. Ses responsabilités deviennent également plus diversifiées et gagnent peu à peu les autres secteurs. Dans la plupart des cas, l’agent travaille en étroite collaboration avec un homologue dans le pays de destination des marchandises.

Tout compte fait, le métier de transitaire international (mais aussi local) n’a pas vraiment changé depuis. C’est en tout cas ce que l’on peut affirmer pour ses missions de base.

Les fonctions clés d’un transitaire

Alors justement, quelles sont les missions d’un transitaire ? C’est ce que nous allons voir dans les sections suivantes.

Coordination du transport et de la logistique

Comme son nom l’indique, un agent de transit s’occupe bien évidemment du transport de marchandises. Il se charge d’organiser au mieux le réseau d’acheminement. Ce qui fait que certains aspects logistiques de ce réseau lui incombent également. Il doit en effet surveiller non seulement le déplacement et la livraison des marchandises, mais aussi leur stockage. Soit pratiquement toutes les composantes de ce que l’on nomme flux physique en logistique.

Gestion des documents et formalités douanières

Les freight forwarding services – comme on les appelle en anglais – comprennent un bon nombre de tâches administratives. Un transitaire est souvent amené à jongler avec toute sorte de paperasse. Il est chargé de les rédiger ou du moins de les organiser de façon pertinente. Parmi les documents en question, on retrouve les certificats d’origine, les certificats sanitaires, la liste de colisage et tout autre justificatif exigé entre autres pour le dédouanement.

Car en effet, on emploie souvent les termes de commissionnaire ou transitaire douanier, compte tenu du fait que l’agent s’occupe également des formalités douanières. C’est donc grâce à ses initiatives que la marchandise peut entrer dans ou sortir d’un territoire donné.

Rôle dans l’optimisation de la chaîne d’approvisionnement

On peut dire qu’un agent ou entreprise transitaire est un acteur logistique à part entière. Comme le montrent les sections précédentes de l’article, il est impliqué à la fois dans le flux physique, le flux d’information et le flux administratif. Il fait donc partie des professionnels chargés d’assurer l’équilibre de la chaîne d’approvisionnement. Lorsque vous mandatez un expert dans le domaine du transit, celui-ci souscrit automatiquement à plusieurs responsabilités de taille. Ce qui veut dire qu’en cas de problème, c’est l’une des premières personnes qui devra rendre des comptes. Tout cela suffit à montrer l’importance de son rôle au sein du monde commercial.

Le transitaire dans le commerce international

On a vu qu’il s’agissait d’une profession présente à la fois au plan national et international. C’est plutôt sur le deuxième que nous allons nous pencher maintenant.

Importance stratégique dans le commerce mondial

Il va sans dire que toute activité de commerce internationale est lourde d’enjeux. Il s’agit de bien gérer plusieurs étapes qui peuvent s’avérer complexes.

Par exemple, l’entreprise exportatrice doit parvenir à trouver une formule d’expédition rentable, avec un minimum de gaspillage. Un agent de transit peut proposer de consolider (soit regrouper) la cargaison et réduire ainsi le nombre d’envois nécessaires. Cela contribue à faire des économies d’échelle et à payer beaucoup moins.

Vient ensuite la question quelque peu épineuse du transport. Le transitaire est un agent de fret qui, en principe, maîtrise parfaitement les caractéristiques de chaque mode de transport (routier, aérien, maritime, multimodal, etc.). Ainsi, selon le type de marchandise, la destination, mais aussi le budget de l’entreprise exportatrice, il aide à choisir la solution la plus adaptée. Pour ce faire, il mène des négociations souvent assez serrées avec les transporteurs afin d’avoir « le dernier mot ». Nous entendons par là qu’il veille à protéger les intérêts de ses clients.

Par ailleurs, il se charge de suivre en temps réel l’état des envois en les localisant au plus près. Cela fait partie de son rôle de gestionnaire de risques. Il mobilise donc tous ses moyens pour éviter ou en tout cas minimiser les risques de retard, pertes, dommages et autres aléas.

Enfin, conformément à ce qui a été dit précédemment, il agit en véritable spécialiste des douanes. Cela signifie qu’il est bien au courant des réglementations en vigueur dans différents coins du monde. Il permet donc de lever les obstacles que peut renconter son client (soit l’entreprise exportatrice ou importatrice), en le guidant tout au long du processus.

Collaboration avec divers acteurs internationaux

Cette guidance en question repose en grande partie sur les aptitudes du transitaire en matière de communication. On peut même le comparer à un « ambassadeur commercial ». Il est tenu en effet de représenter son client en agissant de façon à la fois diplomatique et suffisamment ferme. C’est lui qui se charge de contacter les autorités locales des pays entre lesquels a lieu la transaction. C’est donc aussi lui qui se charge de négocier avec pratiquement tous les acteurs impliqués dans l’activité commerciale entamée, quel que soit le pays dans lequel ceux-ci se trouvent. Ces acteurs comprennent les courtiers en douane, les responsables d’entrepôt, les transporteurs, pour n’en citer que quelques-uns.

Impact sur l’efficacité des échanges commerciaux

Les interventions menées par ce type d’agent ont une influence indéniable sur l’ensemble des opérations commerciales. Qu’il soit transitaire automobile ou en douane, il apporte de la fluidité aux différentes procédures faisant partie de l’échange. Il aide à optimiser le parcours des marchandises, y compris dans des zones géographique réputées plus difficiles. Il négocie les termes des contrats entre les différentes parties pour permettre que les services soient proposés au moindre coût. Il offre donc transparence et rapidité au sein du réseau « multipartite » impliqué dans l’échange.

Les défis et les compétences requises pour les transitaires

Quelles sont les qualités et aptitudes que se doit de posséder un transitaire ? Quelles sont les difficultés qu’il doit être préparé à surmonter ? Faisons le point ci-bas.

Adaptation aux changements dans le commerce mondial

Le secteur commercial ne cesse d’évoluer à l’échelle planétaire. On parle même de « remondialisation » pour rendre compte de son nouveau visage intégrant beaucoup plus de pays et d’industries que ceux auxquels on était habitué auparavant.

L’un des grands défis actuels est d’ordre écologique. Qu’elles le veuillent ou non, les entreprises sont obligées de se tourner vers des solutions plus durables et respectueuses de l’environnement. Cette obligation est valable également pour les transitaires et les choix qu’ils font en matière de partenariat et méthodologie.

Par ailleurs, force est de constater que le monde n’a pas vraiment évolué en terme d’humanisme. Les conflits armés et autres crises politiques sont toujours d’actualité, un peu partout à travers le globe. Il importe donc pour les transitaires d’agir avec finesse et prudence, et de pouvoir trouver rapidement des alternatives en cas d’un empêchement quelconque.

Citons également les avancées technologiques que le transitaire doit intégrer à son quotidien. Il doit pouvoir composer avec l’intelligence artificielle ou encore les logiciels dernier cri utilisés pour, entre autres, le suivi des expéditions.

Compétences techniques et relationnelles clés pour le succès

Quel est le secret d’un freight forwarding service efficace ? Il y a en fait plusieurs facteurs déterminants. Autrement dit, ceux qui relèvent directement des qualités que doit posséder un transitaire :

  • Connaissances techniques avancées en matière de transport, douane transitaire, Incoterms, régimes d’imposition, etc.
  • Capacité d’analyse
  • Sens de l’organisation
  • Réactivité et souplesse face aux imprévus
  • Maîtrise d’une, voire de plusieurs langue(s) étrangère(s)
  • Esprit d’équipe et autres aptitudes sociales
  • Affinités concernant le service client (patience, attention, etc.)

Récapitulatif et prévisions

Le métier de transitaire s’impose comme une profession-phare dans le monde du commerce, et ce, surtout au niveau international. Il donne l’exemple en termes de polyvalence et de capacité d’adaptation. Ces dernières sont des qualités cruciales pour mener à bien tout projet d’échange, quels que soient les pays impliqués. On peut donc s’attendre à ce que le métier continue de marquer et d’améliorer les divers sous-secteurs du commerce, du transport aux relations administratives internationales.

Foire aux questions

Suis-je obligé de passer par un transitaire pour mes activités d’export ?

Non, ce n’est pas une obligation en soi. Cependant, ce type d’agent peut vous apporter une assistance précieuse pour différentes procédures et les rendre plus rentables.

Quelle est la différence entre un transitaire et un transporteur ?

Le premier est un intermédiaire mandaté par une personne physique ou morale et participe à l’organisation du transport. Le second, quant à lui, est celui qui s’occupe directement de transporter une marchandise donnée.

Quels sont les risques de travailler avec un agent en transit ?

Dans la plupart des cas, ce type d’agent se voit confier un certain nombre de responsabilités. Celles-ci vont du choix d’un transporteur à la préparation des documents douaniers au nom d’un mandataire. Ce dernier est donc affecté en cas de pertes, dommages, vols, omissions, etc., d’où l’importance de bien réfléchir et mener une recherche détaillée avant de vous engager.